J’ai souvent pensé qu’il ne fallait pas que je pleure, ne pas montrer la douleur, ni la souffrance. Retenir tout ça à l’intérieur. Serrer les dents et ça passera.

J’ai souvent pensé que si je le faisais, ça serait pire. Qu’on verrait que j’ai mal, que je n’arrive pas à surmonter, que je ne suis pas forte. Alors, j’ai tenu bon et tout laissé à l’intérieur.

J’ai souvent pensé que je n’avais pas à pleurer, que pleurer c’était pour les mauviettes.

Mais sais-tu vraiment ce qu’est une mauviette ? C’est juste un petit oiseau. Un oiseau plus petit que les autres. Or, à côté de lui, il y a aussi les fourmis, les papillons, les grillons, les guêpes, les abeilles, les puces, les coccinelles. Bref, il y a tout un tas de petits insectes, bien plus petits et qui paraissent bien plus chétifs que la mauviette.

La mauviette est une espèce d’alouette. Et, la pauvre alouette, elle aussi a mauvaise presse dans la littérature. Alouette, je te plumerai. Or, à côté d’elle, il y a aussi la canne mais aussi le poulet qu’on plume. Bref, il y a bien d’autres animaux qui subissent les mêmes gestes.

Alors, dans les larmes de mes yeux je crois qu’en réalité il y a juste une réaction physiologique, une réaction naturelle qui me libère de mes tensions, qui me libère de l’intérieur vers l’extérieur de tout ce qui n’a plus sa place en moi.

Et, alors, je pleure, je laisse couler, je me fiche du qu’en dira-t-on, je laisse sortir pour ne pas faire des noeuds à l’intérieur.

Et, je m’apprivoise un peu plus. J’ose être moi un peu plus. Je sais que c’est mon droit face à moi-même.

Dans la nature, il y a les mauviettes, les alouettes et il y a vous, il y a moi.

En toi, il y a la force d’un tigre. Il y a la ruse du renard. Il y a la folie du colibri. Il y a la ténacité du rhinocéros. Il y a la liberté du vent. L’âme du feu. Le souffle du soleil. Et, le génie de la vie. Sois-toi.